CHAPITRE 1
C’est quand tout va bien qu’il faut changer
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Autant se faire à l’idée tout de suite : en matière économique, le changement fait peur. Il n’est pas perçu comme naturel. Il dérange, alors même qu’il est devenu la norme et se montre salutaire, chaque fois que l’esprit de conquête fait place à la routine, ou qu’un trop grand confort conduit à oublier que rien n’est jamais définitivement acquis.
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Faut-il attendre que les choses aillent mal ? Combien de temps le marché de la qualité de service, que nous avions largement contribué à créer et développer, allait-il nous porter au sommet de sa vague ? A l’image d’une course de relais réussie, à quel moment démarrer pour gérer au mieux les des transitions et passages de témoin optimaux ? A question difficile... réponse à géométrie variable. Tout est affaire de timing et d’intuition. Seule conviction : tout vaut mieux que l’immobilisme et l’ennui.
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La réaction de notre ami et comptable Roger Berdugo aurait dû nous préparer aux futures réactions de nos banquiers, mais leur mode de fonctionnement est tellement éloigné de celui des entrepreneurs qu’il me prendra toujours par surprise : vacances à rallonge contre week-ends « “ volés » ” à sa famille ; trente-cinq heures hebdomadaires contre semaine de sept jours ; inclination naturelle à démolir contre plaisir de construire ; sécurité maximale contre absence totale de protection ; raison contre passion. Tout oppose ces deux populations pourtant condamnées chaque jour à travailler ensemble…
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Et si telle ou telle chose ne marchait pas… tout simplement parce qu’on ne l’avait encore jamais essayée auparavant ? Mais tout cela me rappelle l’a fameuse histoire des trois grenouilles qui se baignent dans une bassine de lait et ne peuvent s’empêcher de la boire tout entière. Devenues trop vite trop lourdes, elles ont du mal à sauter assez haut pour échapper au piège. Arrive alors une quatrième grenouille – exerçant probablement la belle profession de banquier ! –, qui leur explique longuement, moult détails à l’appui, pourquoi elles n’y arriveront jamais. Découragées par ce discours, les deux premières abandonnent la partie. La troisième prend alors son élan. Et elle parvient à s’enfuir ! Sa chance ? Elle était sourde... Resté sourd moi aussi aux réticences de mon entourage, (NOTE: bancaires ? ) me voilà donc parti avec Ralph en 1993... à la conquête de l’Arabica.…
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